Et si certains chercheurs choisissaient délibérément de contourner leur propre institution pour transférer le fruit de leur recherche à l’extérieur de leur université?
C’est ce que révèle notre dernière étude (Halilem et Diop, 2025) publiée dans la prestigieuse revue Research Policy sur un phénomène discret, mais révélateur: le contournement des Bureaux de Transfert Technologique (en anglais TTO) par des chercheurs universitaires.
Pourtant, ces structures sont censées accompagner les chercheurs pour transformer leurs découvertes en brevets, licences ou start-ups. Cependant, des chercheurs préfèrent agir seuls. Par ignorance des règles ? Par rejet des lourdeurs administratives ou par désaccord profond avec les logiques institutionnelles ? La réalité est souvent un mélange complexe de tout cela.
L’étude identifie une gradation de comportements de contournement, depuis la non-conformité involontaire à l’évitement tactique, ainsi que plusieurs facteurs déclencheurs chez les chercheurs : manque de confiance dans les capacités des TTO, expériences négatives d’interactions avec le TTO, influence des collègues et des pressions de partenaires industriels.
En toile de fond : une réflexion sur les modèles de valorisation actuels, car ces chercheurs ne sont pas simplement « rebelles », ils cherchent de l’agilité, de la reconnaissance, à accroître l’impact de leur recherche et parfois même… de la justice en contournant les règles.
Notre article est librement accessible:
Halilem, N., & Diop, B. (2025). “Meet me at the backdoor”: A multiple case study of academic entrepreneurs bypassing their technology transfer offices. Research Policy, 54(2), 105156. Accessible au lien suivant : https://doi.org/10.1016/j.respol.2024.105156
L’utilité publique, ça se partage, l’utilité publique, ça se discute!
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